le blog officiel de la commune d'Hillion
Beaucoup d'évènements, beaucoup de médiatisation, ces derniers temps sur les
algues vertes... Il est temps de faire le point sur ce dossier.
QU'AVONS-NOUS FAIT DEPUIS MARS 2008 ?
Conscients de la dangerosité des algues en décomposition, nous avons pris le parti de ramasser
toutes les algues échouées
sur notre littoral, et aussi celui de rendre au moins une plage propre aux habitants et aux touristes.
Nous avons décidé de parler de ce fléau qui frappe Hillion depuis tant d'années :
C'est ainsi qu'exaspérés de voir autant de quantités
d'algues échouer sur nos plages, et surtout, de voir que rien ne bougeait sur ce grave problème, nous avons invité la presse locale à faire un article sur ce sujet, début juillet
2008. Les médias se sont, à ce moment là, intéressés à nous... Et Thalassa est arrivé...
Si on pouvait déplorer le côté trop négatif pour notre département en une seule émission, le reportage sur les algues vertes était objectif, et cela a fait bouger les choses. Les
touristes n'ont pas attendu cette émission pour ne plus venir très nombreux à Hillion, il y a des années que notre commune ne double plus sa population en été comme autrefois !
Depuis, les émissions, les interventions se sont succédées...
A plusieurs reprises, à partir de septembre 2008, nous avons interpellé la Préfecture pour travailler d'ores et déjà pour l'été 2009. Ne voyant rien venir, j'ai pris l'initiative de provoquer en Mairie, une réunion en Janvier 2009 afin d'alerter l'ensemble des institutions sur ce problème
(Préfecture, Syndicats de traitement des déchets, Agglomération, Conseil Général, Maires des communes voisines touchées.) Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture a accepté de
prendre la main sur une nouvelle réunion en préfecture en février 2009, afin de mettre en oeuvre ce qui avait été convenu précédemment, notamment
en matière de stockage et traitement des algues. SAINT BRIEUC AGGLOMERATION nous a apporté son soutien et s'est dite prête à prendre la compétence
algues vertes.
Malheureusement, le résultat n'a pas été à la hauteur des engagements, et aucun nouveau lieu de stockage n'a été débloqué pour la saison 2009... Notre plate-forme de la Ville Indeloup ne
devait servir que de lieu de premier mélange avec des déchets verts, et le stabilisat devait repartir immédiatement vers l'usine de traitement des OM des Châtelets, et une deuxième plate-forme de
dépôt. TOUT CELA A TENU JUSQU'A FIN JUIN...faute de deuxième plate-forme et faute d'acheminement vers les Châtelets ! Pendant un moment, nous avons pu évacuer des algues fraîches
vers l'usine de Lantic et de Dol de Bretagne, mais tout a été vite saturé.
Je tiens à saluer le gros travail effectué par Claude CABARET, adjoint à l'environnement et aux travaux, et les services de la mairie, pour les nombreuses heures passées à gérer le ramassage
et tout ce qui va avec ! Nous avons atteint à ce jour 20 000 tonnes d'algues ! Nous avons dû nous résoudre à
laisser partir le compost vers des maraichers ou autre exploitation ne présentant pas un excédent d'azote. Mais, l'évacuation du stabilisat n'est pas immédiate et cela a
provoqué la surcharge de la plate-forme et LES NUISANCES OLFACTIVES pour les riverains. Si les déchets verts permettent d'éviter la décomposition des algues, ils ne réduisent pas les odeurs !
L'exploitant expérimente actuellement le mélange avec de la paille, ce qui réduit aussi les volumes.
CETTE SITUATION DIFFICILE PROVOQUE, et c'est bien normal, la REVOLTE des riverains. Ils en ont assez de supporter ces odeurs, de ne pas pouvoir vivre dehors,
et ils craignent pour leur santé. OUI, il faudrait pouvoir fermer la plate-forme, c'est ce qui est demandé, MAIS, que faire des algues qui vont encore arriver ? IL SERAIT
TOTALEMENT IRRESPONSABLE de les laisser sur les plages, en décomposition. Tout le monde le reconnait enfin, les algues en
putréfaction peuvent être mortelles... C'EST POURQUOI, nous faisons tout ce que nous pouvons depuis plusieurs mois pour obtenir un autre lieu de stockage. La Commune de
Planguenoual a accepté, et je les remercie, que Lamballe Communauté aménage un terrain libre derrière l'usine de traitement. C'est notre seul espoir d'améliorer la situation, et
pourtant, Monsieur Ollivro de l'association Halte aux Marées Vertes et le bureau ne partagent pas ce point de vue, mais rien d'autre n'est proposé... Construire des usines de
méthanisation, c'est investir à partir d'une matière première qui doit rester éphémère, c'est encore dépenser beaucoup d'argent dans le curatif au lieu de l'investir dans le préventif.
Les actions curatives ne font que répondre à une urgence, il est capital de traiter le problème à sa source, c'est-à-dire oeuvrer pour une réduction des nitrates.
LE PREVENTIF, c'est sur quoi j'ai beaucoup insisté lors de la réunion de travail, à laquelle j'ai pu participer, avec le Premier Ministre et trois autres ministres du
Gouvernement, à ST MICHEL EN GREVE le 20 aout dernier. (Hillion ne faisait pas partie des communes très touchées, car les statistiques dataient des années avant 2008
lorsque les algues n'étaient plus beaucoup ramassées !)
J'ai beaucoup insisté sur la nécessité pour l'Etat de prendre toutes les mesures nécessaires pour réduire les pressions
azotées sur les terres, pour apporter aux agriculteurs un soutien financier en matière d'accompagnement à l'évolution des pratiques agricoles. Nos jeunes agriculteurs subissent ce qui
a été fait pendant ces quarante dernières années, ce qui leur a été conseillé de faire. Nous ne pouvons pas les accuser de tous les maux ! Beaucoup d'efforts sont faits mais
ils doivent être aidés pour poursuivre. Les efforts doivent se faire aussi au-delà de nos communes littorales. Il est indispensable que tout le monde travaille ensemble sur cette
problématique.
Si nous avons obtenu de la part de l'Etat, la reconnaissance de sa responsabilité dans
les algues vertes, et la prise en charge financière de toutes nos dépenses, ce qui devait représenter pour Hillion environ 100 000 € pour 2009, (en résiduel), nous attendons que le PLAN D'ACTIONS qui doit être mis en
place rapidement ne soit pas une coquille vide, et nous continuerons d'être actifs sur ce point.
QUELLES ACTIONS POUR 2010 ?
Depuis tous ces évènements, les choses bougent au niveau de l'Etat et de la Région. Nous sommes invités à deux réunions prochainement, l'une en Préfecture et l'autre au Conseil Régional, avec
toutes les communes de Bretagne touchées par le même problème.
Nous avons également rencontré un partenaire qui travaille à la possibilité de déssèchement des algues dès leur collecte, afin de faciliter leur transport dans des secteurs qui manquent de
déchets organiques.
D'autre part, Alain Lafrogne, adjoint au Développement, est membre de la Commission Locale de l'Eau (CLE) et participe à la commission du SAGE. Dans un prochain article, nous parlerons de ce
deuxième problème, qu'est l'enjeu de la reconquête de la qualité de la ressource en eau, et qui lui concerne la pollution bactériologique de l'eau et non les algues vertes.
Enfin, je tiens à vous communiquer ma réaction, parue le 2 septembre
dernier suite à un article paru dans la Presse d'Armor du Trégor, le 26 août , disant... que les algues vertes pouvaient être bénéfiques.... J'ai également écrit au
Président du Conseil Général pour lui dire combien les propos tenus par le Directeur du CEVA (Centre d'Etudes et de Valorisation des Algues) étaient inadmissibles pour les
habitants d'Hillion.
Yvette Doré, Maire
à l'attention du journal la Presse d'Armor, Paimpol
> Objet : votre article du 26 aout sur les algues vertes
Bonjour, je suis Yvette Doré, Maire d'HILLION, et je vous adresse ce message pour vous dire ma stupéfaction de lire un tel article sur les algues vertes !!! Comment
peut-on oser écrire "une des solutions pour réguler les marées vertes, c'est d'assurer des débouchés industriels à l'algue verte ! puis encore "on est en train de démolir toute une filière"
Ok, je prends acte que cette phrase vient du Directeur du centre de recherche du CEVA !!! avec un tel point de vue, je comprends mieux pourquoi on paie des études depuis 30 ans sur les
algues vertes !!
Non, messieurs, les algues vertes doivent être un produit éphémère ! demandez aux habitants d'Hillion ce qu'ils en pensent ! venez voir le résultat sur nos plages, notre plate-forme
! Qu'un chef d'entreprise appelle cela une richesse bretonne, j'ose à peine y croire !! Connaissent-ils vraiment nos algues ? on ne parle pas des mêmes algues ! Oui, ces
algues tuent. Ce ne sont malheureusement pas les mêmes algues que celles utilisées en thalasso. Et même si ce "'produit" était utilisable, nous, habitants d'Hillion, nous n'en voulons
pas ! nous en avons ramassé 20 000 tonnes à ce jour cette saison ! quelle fortune nous laissons passer alors ! Savez-vous que nos côtes ne sont pas toutes accessibles aux engins
de ramassage et que ces algues restent dans les rochers, dans les criques, et qu'au bout de 3 jours, elles sont mortelles, pour les animaux comme pour les hommes. Pas plus tard
qu'aujourd'hui, l'équipe de ramassage a tout stoppé,car l' appareil pour déceler le H2S est allé jusqu'à 800 mpp. Demandez aux riverains de la plate-forme ce qu'ils pensent de ces algues !
ils n'en peuvent plus, l'odeur, les gaz dégagés leur créent des allergies ! les maisons ne se vendent plus, mais ce n'est pas à cause de la mauvaise publicité que l'on fait aux algues,
c'est tout simplement à cause des odeurs que cela dégage.
Ramasser dans l'eau avant qu'elles ne se décomposent ? ce serait effectivement une solution idéale mais... cela ne pourra se faire que sur quelques plages, car dans bien des cas, les véhicules de
transport (car il faut bien transporter ! ) ne peuvent accéder. Et quand bien même nous trouverions des solutions satisfaisantes, croyez-vous que c'est ce que nous attendons ? non, nous voulons
pouvoir profiter de nos plages comme autrefois, profiter des bains de mer sans avoir de véhicules de ramassage d'algues vertes, profiter du bon air marin.
Donc, cessons de déployer des efforts comme le dit votre article, pour trouver des débouchés industriels, réunissons tous les moyens possibles pour empêcher qu'elles arrivent ! Vous
écrivez aussi que les débouchés sont nombreux, dont le compostage en mélange avec les végétaux. Venez, je vous invite, à venir voir la plate-forme de mélange ! nous avons tellement d'algues
que nous n'avons plus de déchets verts, nous en sommes à la paille. Oui, certains étudient la possibilité de sécher les algues fraiches pour les transporter et faire du compost. D'accord,
si ce compost se substitue aux engrais chimiques et à l'épandage du lisier, mais ce n'est pas le cas... Oui, nous en avons encore pour plusieurs années malheureusement à subir ces marées vertes,
et il faudra améliorer les conditions de ramassage, d'évacuation, mais faisons le par nécessité, pas par rentabilité, car alors là, c'en est fini de nos côtes ! "
Yvette DORE, Maire d'Hillion